vendredi 16 mai 2008




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Football - CAN 2008
Présentation de la finale Cameroun-Égypte
Pharaons et Lions indomptables se disputent la souveraineté du football africain
La Page des Sports - Le 10 février 2008

Simples outsiders à l’aube de leur demi-finale respective, Égypte et Cameroun ont su se défaire des Ivoiriens et des Ghanéens pour atteindre la finale de la CAN. Légendes du football africain, les deux équipes comptent sur leurs points forts, distincts de ceux de l’équipe adverse, pour faire la différence.


Quand on voit ce qui est arrivé au Ghana et à la Côte d’Ivoire, on se dit que les Égyptiens ne doivent pas être forcément ravis de se retrouver favoris pour la finale qui va les opposer au Cameroun. Cinq fois vainqueur de la compétition africaine (1957, 1959, 1986, 1998, 2006), tenante du titre, l’Égypte n’était pourtant pas évoquée avec la même insistance que la Côte d’Ivoire ou encore le Ghana, lors des traditionnelles supputations d’avant CAN.

Il faut dire qu’à l’inverse des nations précédemment citées, seuls trois Pharaons, Hosni Abd Rabo, Ahmed Hassan et Mohamed Zidan, exercent leur métier sous les feux des projecteurs des championnats européens. "C’est sûr que nous avons moins de joueurs qui jouent en Europe que la Côte d’Ivoire", confirme le latéral gauche égyptien Mohamed Shady. "Mais hier, nous avons joué pour la victoire. Si Dieu veut, nous réussirons à avoir le même degré de concentration en finale, même si nous sommes un peu fatigués."

Des Pharaons favoris

Auteur d’un parcours quasi-parfait depuis le début de la compétition – première place de leur groupe, quatre victoires et un nul en cinq rencontres – les Égyptiens se sont même permis d’humilier les terrifiants Éléphants en demi-finale (4-1). Autre avantage psychologique certain, les hommes d’Hassan Shehata ont déjà dompté les Camerounais lors du premier match du groupe C (4-2).

Au point physiquement et techniquement, les Pharaons font preuve d’une rigueur tactique travaillée depuis plusieurs années, qui leur permet d’être très performants dans la récupération et les remontées de balle vers l’avant. En poste depuis 2004, Hassan Shehata peut également se vanter d’avoir un groupe de 23 joueurs en majorité très expérimentés et dont la moitié a déjà connu le titre d’il y a deux ans.

Le coup de maître d’Otto Pfister

L’entraîneur égyptien devra cependant faire attention à ne pas tomber dans le piège camerounais, à l’instar de Claude Le Roy. Avec un seul milieu récupérateur en la personne d’Ahmed Hassan et une formation très offensive à trois pointes, Amr Zaky, Emad Abdelnabi et Mohamed Abouterika, l’Égypte ne sera pas à l’abri des contre-attaques menées par Samuel Eto’o. "Je vais paralyser tactiquement le Ghana", avait d’ailleurs annoncé Otto Pfister avant la demi-finale. Le coach camerounais a su contrer par sa stratégie défensive le collectif ghanéen. "Tactiquement, on était supérieur. On a essayé de les attendre en contre-attaque, et ils sont tombés dans le piège", a indiqué l’entraîneur des Lions indomptables. Tout a véritablement souri à Otto Pfister face aux Black Stars puisque les rentrées de Joël Épallé et Laurent Nkong, impliqués dans l’action du but, ont été décisives.

Malgré cela, le sélectionneur ne doit pas oublier que son équipe n’a pas été totalement convaincante depuis le début de la CAN. Défaits par l’Égypte au premier tour, puis poussés jusqu’aux prolongations par les Tunisiens en quart de finale (3-2), les Camerounais ont souvent été bousculés défensivement et ils ne possèdent pas l’aisance technique des Pharaons. Demain, le Cameroun devra donc hausser son niveau de jeu s’il veut reprendre à l’Égypte son statut de roi d’Afrique abandonné en 2002. À Accra, le match opposera en effet les deux plus grandes nations du football africain de ces dix dernières années.

Yann Fernandez

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