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Philippe Mexès, un Français en Italie
La Page des Sports - Le 6 septembre 2007

Le défenseur tricolore, Philippe Mexès, est sans conteste l’un des défenseurs les plus doués de sa génération. Le joueur de l’AS Roma a, par ses déclarations et ses choix de carrière, souvent dérangés un football français conservateur. Adopté par le peuple italien, celui-ci préférerait, pourtant, ne pas le voir sur la pelouse de San Siro samedi.


L’ancien défenseur de l’AJ Auxerre semble avoir trouvé en Italie, et à Rome, les éléments adéquats pour s’épanouir personnellement et professionnellement. Un mariage avec un pays de football qui correspond parfaitement Toulousain de naissance. Ce dernier semble conserver une rancœur contre son pays natal qui l’a jugé lors de son départ vers l’AS Rome. "En France, on m’a dépeint comme un arriviste, comme quelqu’un qui est parti juste pour gagner plus, même si ce n’est pas vrai. Je ne me sens coupable de rien" confiait-il ainsi lors de son arrivée dans la capitale transalpine. Philippe Mexès est aujourd’hui parfaitement intégré à l’Italie, où il joue le football qu’il aime, et profite de la culture italienne qu’il a adoptée. Une seconde famille, en quelque sorte, qui a su l’accepter avec ses énormes qualités footballistiques, ainsi que son caractère à fleur de peau.

Des débuts précoces en Ligue 1

Le défenseur central international a débuté le football à Toulouse, avant d’être repéré par Auxerre, et d’y poursuivre sa formation. Il y remporte la Coupe Gambardella, et intègre très rapidement l’effectif professionnel, pour débuter en Ligue 1 à seulement 17 ans, lors du match Auxerre-Troyes le 10 novembre 1999. L’AJ Auxerre est porté par une génération dorée, avec notamment Olivier Kapo et Jean-Alain Boumsong, qui parviendra à conclure cette belle aventure par un trophée : la coupe de France face au PSG en 2003. Déjà à cette époque, le jeune Philippe Mexès n’hésite pas à dire ce qu’il pense de son entraîneur, Guy Roux, même si ce dernier apparaît comme un dinosaure du football français. "L’entraineur est censé développer le jeu de notre équipe. Il ne faut pas compter à chaque fois sur les individualités. Dans les autres clubs français, je constate que les entraineurs changent. Ici, rien ne se passe, que l’on gagne ou que l’on perde". Ambitieux, et tenté par la découverte d’un autre niveau, il choisit l’AS Rome à la fin de la saison 2004.

Après quelques mois de problèmes administratifs dus à son transfert précipité vers l’Italie, Philippe Mexès profite du départ du titulaire Samuel Kuffour à la Coupe d’Afrique des nations pour s’imposer définitivement dans l’axe de la défense. Il débute en Serie A le 12 septembre 2004 lors de Roma-Fiorentina, il disputera 28 matchs durant la saison 2004-2005. Conquis par le Calcio, il parfait ses armes dans la meilleure école défensive du monde pour atteindre un niveau exceptionnel. "Le championnat italien est le plus relevé d’Europe. Il faut rester concentré... 95 minutes ! Tu joues contre Shevchenko et tu dois te donner à fond ! Tu joues ensuite contre un inconnu et il s’avère encore plus rapide... L’attaquant le plus difficile à marquer est Francesco Totti. Mais Del Piero est également incroyable" témoigne t-il joyeux comme un gamin lors de ses débuts en Serie A. Le défenseur central romain est doté d’un bon jeu de tête, d’une technique irréprochable, qui lui permet de réaliser une des relances les plus propres au monde, et, maintenant, d’un sens du placement parfaitement maîtrisé.

Un pur défenseur italien

Les Italiens peuvent être fiers de leur élève, qui assurément dépassera nombre de grands maîtres de la défense italienne. Son amour pour son pays d’adoption pousse le Français à être amer, et cinglant lors de ses récentes déclarations concernant sa nation d’origine. Ainsi, aux critiques de Raymond Domenech sur le football italien, il a répliqué sans détour : "J’ai entendu ce qu’il a dit. Il s’est trompé, il se trompe toujours. Je le trouve antipathique". De même, il vit comme un échec de n’avoir disputé aucune compétition internationale avec la France, compréhensif lorsque le sélectionneur français lui préfère Gaël Givet en 2006. "Moins j’en entends parler (de l’équipe de France), mieux c’est. C’est la Roma qui me fait grandir et qui me donne des satisfactions". Celui qu’on compare volontiers à Laurent Blanc, et que les tifosis de l’Olympico appellent le "Thuram blanc", défendra pourtant bien les couleurs françaises contre l’Italie samedi soir. Et si l’on fait appel à lui, il répondra, à coup sûr, présent.

Clément Brelet

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