Massa fort comme un Turc
Istanbul n’est pas Byzance pour les pneus
Super Aguri rend les armes
Ferrari prudemment devant
Renault sur la bonne voie
La Formule 1 attend l’Europe pour s’exprimer
Renault avait promis des évolutions significatives pour le Grand Prix d’Espagne. Souvent à plus d’une seconde au tour de leurs concurrentes lors des trois premiers Grands Prix, les monoplaces de la firme au losange devaient rapidement réagir pour combler leur retard. Durant les trois semaines de trêve entre l’épreuve bahreïnie et le débarquement en Espagne, l’écurie française n’a donc pas chômé. "L’équipe a fait un pas en avant ici et a encore des projets très agressifs pour les courses à venir. Pas à pas il va falloir qu’on élève notre niveau" se satisfaisait d’ailleurs Fernando Alonso dès les premiers tests de sa voiture sur la piste de Barcelone.
Aérodynamiques et mécaniques, les problèmes rencontrés par l’écurie tricolore ont donc chacun donné lieu à des modifications sur la voiture. Et malgré les deux abandons de Fernando Alonso, sur une casse moteur, et de Nelsinho Piquet, après un contact avec Sébastien Bourdais, les Renault ont affiché une compétitivité bien meilleure que lors de leurs trois premières sorties.
Des changements à la pelle
"Nous savons maintenant plus précisément à quels niveaux nous pêchons. L’un de ces domaines est l’aérodynamique car nous manquons de grip aérodynamique dans les virages rapides. C’est à ce niveau-là que nous avons le plus travaillé car c’est ce qui nous pénalise probablement le plus" expliquait Bob Bell, directeur technique de Renault, sur le site officiel de l’écurie. Pour cela, plusieurs changements ont eu lieu avec e rétablissement d’un mass damper sous l’aileron avant afin d’absorber les vibrations de la voiture, la modification de l’aileron avant et surtout l’instauration d’un capot moteur en aile de requin, à l’image de celui qu’utilisent les Red Bull RB4 cette saison. Plus stables, les voitures sont beaucoup plus faciles à conduire ne se perdent pas en sur-virage dans les courbes rapides. "Nous pêchons également dans les virages lents où la voiture a besoin de grip mécanique. Nous avons donc modifié les suspensions pour résoudre ces problèmes" énumérait ensuite Bob Bell.
Renault plus rapide
Mais c’est surtout en vitesse de pointe que les voitures ont gagné en performances. La cadence imprimée par Fernando Alonso en qualification du Grand Prix d’Espagne et surtout celle de sa course a montré que les Renault avaient repris du poil de la bête. Jusqu’à son premier arrêt, il a ainsi réussi à suivre les Ferrari de prêt, sans perdre irrémédiablement le contact. Une réussite due en grande partie à ce fameux capot moteur surdimensionné qui offre non seulement plus de stabilité à la voiture, mais également une vitesse de pointe plus grande grâce à une meilleure pénétration dans l’air. Dans le premier secteur du Grand Prix d’Espagne, le plus roulant, le double champion du monde espagnol a notamment obtenu la sixième meilleure vitesse de pointe. "Nous y gagnons au freinage, dans les virages rapides, dans les lignes droites. Nous y gagnons partout" se réjouissait Nelson Piquet Jr, plus que satisfait de sa nouvelle monoplace.
Une impression de mieux-être confirmée par Fernando Alonso lui-même, heureux du comportement de sa voiture aujourd’hui, malgré son abandon. "C’est dommage pour mon Grand Prix à domicile, mais malgré tout, je suis content parce que je me suis battu avec les voitures de tête alors que durant les premières courses, nous ne pouvions même pas les voir (…) Le podium n’était pas accessible, mais j’aurais pu viser la sixième ou septième place et me battre avec Kovalainen et Heidfeld. Quand je courrais avec eux, je pouvais les voir, presque les toucher. Nous sommes sur la bonne voie" expliquait-il après la course. Les premières places sont encore loin, mais les progères entrevus augurent de meilleures performances pour Renault. Même si le retard accumulé par Renault n’est pas encore comblé.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |