samedi 6 septembre 2008




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Football - Metz
Interview
Richard Trivino - "Engranger de la confiance"
La Page des Sports - Le 8 août 2007

Malgré des débuts en Ligue 1 marqués par la défaite du FC Metz face au Mans (0-1), l’expérimenté Richard Trivino savoure ce premier match parmi l’élite qu’il espère suivi de bien d’autres. Ambitieux, il a confiance en l’avenir de son nouveau club et vise le maintien le plus rapidement possible.


Après dix ans en Ligue 2, vous avez joué votre premier match de Ligue 1 face au Mans. Comment l’avez-vous vécu ?
Sur le papier, c’était mon premier match de L1 mais par rapport à mon nombre de matchs en Ligue 2 et à la Coupe de la Ligue où j’ai fait deux quarts de finale et que j’ai gagné, c’est un niveau que je connaissais un petit peu. À part les grosses cylindrées, ça ne change pas énormément, ça va peut-être un peu plus vite. J’ai débuté par une défaite donc ça aurait pu mieux commencer… c’est juste le petit hic de la soirée.

La pression n’était pas trop forte ?
Pas du tout. Ça vient peut-être aussi de l’âge… À 30 ans, j’ai déjà vu pas mal de terrain, j’ai déjà fait pas mal de matchs. C’est la Ligue 1 mais le match, l’avant-match, c’est pareil, il n’y a rien qui change. Maintenant, si j’avais eu 20 ans, peut-être que j’aurais eu plus de pression, mais là pas du tout.

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de ce match ?
Individuellement, j’aurais préféré toucher un peu plus de ballons, pour me mettre en valeur. En plus quand on est gardien de but et qu’on prend un but, on n’aime pas trop. Mais j’en garderai tout de même un excellent souvenir. Sur le plan collectif, on aurait pu ramener un match nul de là-bas… En plus ça aurait fait du bien dans les têtes avant de recevoir Lille. Je pense qu’on méritait au moins un point, mais c’est fait, maintenant il va falloir gagner dimanche.

Vous pensez que vous serez à nouveau dans les buts messins face à Lille ?
Je ne sais pas. Christophe Marichez devait commencer la saison mais j’ai joué. Je ne sais pas ce qu’en pense le coach, s’il est content ou non, si Christophe va revenir de blessure cette semaine. S’il est rétabli, je pense que c’est lui qui jouera, mais pour moi ça ne change rien. Mon objectif, ce n’est pas de savoir si ça va mieux ou non pour lui, mon objectif, c’est de travailler. Mon match, je l’ai analysé, je sais ce que j’en pense. Je suis venu là pour essayer de connaître autre chose. Les matchs que je ferai ou ne ferai pas, c’est un autre souci. Déjà j’ai fait le premier alors que je ne devais pas le faire, mais bien sûr que j’espère faire le deuxième, puis le troisième, le quatrième, etc. (rires)

Justement, comment vivez vous la concurrence avec Christophe Marichez ?
Très bien. Christophe est quelqu’un de super sympa. On est deux personnes intelligentes, on bosse, on s’entraîne. Et quand on s’entraîne, on rigole ensemble. De toute manière, à chaque poste, indirectement, il y a une concurrence mais heureusement qu’on ne s’arrête pas à ça, ça fait partie du métier.

" Je ne regrette pas du tout mon choix "

Vous êtes donc satisfait du choix que vous avez fait en signant à Metz ?
Oui ! J’avais plusieurs opportunités, j’ai eu la chance d’avoir le choix et j’ai choisi Metz parce que je savais où j’allais, quel club c’était, avec un président emblématique. Je savais très bien où je mettais les pieds donc je n’ai aucune déception. D’autant plus que je ne pensais pas commencer mais que je joue la première journée ! À 30 ans, j’ai fait le choix d’arriver en L1, après, arrivera ce qui arrivera. Quoiqu’il arrive, je sais que j’ai pris la bonne décision. J’ai signé deux ans donc on verra déjà ce qui va se passer durant ces deux années et après on verra, ça peut durer beaucoup plus.

Il y a eu d’autres propositions ?
Auxerre m’avait contacté par le biais de leur entraîneur des gardiens, mais j’avais déjà plus ou moins donné mon accord à Metz. J’ai également eu une proposition d’Amiens. Ce sont les trois clubs que j’ai eu "officiellement" au téléphone et à côté, je sais que Dijon se renseignait et que d’autres clubs avaient tâté le terrain. C’est rassurant quand vous êtes sollicité comme ça.

Francis De Taddeo a été l’un principaux moteurs de votre venue ?
Metz, je connaissais un peu parce que la saison dernière, je jouais avec David Terrier donc on parlait assez souvent du club, de ses résultats,… je savais comment ça se passait. Avec la saison qu’ils ont faite l’an dernier, quand j’ai su que Metz était intéressé, j’étais content. Un club qui monte c’est toujours bien. Après, Francis de Taddeo m’a appelé, son discours m’a plus, c’est comme ça que j’ai accroché, maintenant, je ne regrette pas du tout mon choix.

" On peut faire quelque chose "

Et quels sont vos objectifs pour la saison à venir ?
Comme toujours, c’est jouer ! Collectivement j’espère qu’on va se maintenir le plus rapidement possible, qu’on prenne ces 42-44 points nécessaires pour qu’on puisse se faire plaisir après.

La prudence affichée et cette ligne défensive de cinq joueurs, vous obligeant à jouer assez bas, ne vous risquent-elles pas cependant de vous handicaper ?
Le coach préfère jouer à cinq, c’est un choix tactique. Je pense qu’on a les joueurs pour, on était très très bien en place mais c’est vrai qu’après, on a peiné pour se créer des occasions autrement que sur coups de pied arrêtés. Dans le jeu c’était difficile, peut-être aussi parce que inconsciemment, avec les matches amicaux moyens qu’on a fait, on voulait se rassurer et on s’est dit "on ne prend pas de but". Malheureusement on en a pris un et ça n’a pas été évident de repartir de l’avant et de se créer des occasions en étant si défensif.

Que manque-t-il encore à l’équipe selon vous ?
Ici il y a un groupe qui a survolé la Ligue 2 l’an dernier donc la base est bonne. Tout le monde disait qu’à cinq derrière ça serait dur et pourtant le groupe est monté grâce à ça, donc il n’y a aucune raison qu’on ne se maintienne pas avec la même tactique. Le coach a l’habitude de jouer comme ça, les joueurs aussi. Mais il nous manque peut-être encore un peu de confiance. Avec les matches amicaux, ce n’était pas évident, mais une fois qu’on aura la confiance ça viendra. Il faut aussi qu’on se mette au niveau. Ici, la moindre erreur se paie cash, aussi minime qu’elle soit.

Comment espérez-vous gagner cette confiance ?
Par les résultats mais aussi par le niveau de jeu. Malgré ce qu’en disent les gens et malgré le but qu’on a encaissé, je pense qu’on s’est rassuré défensivement. Le groupe n’a pas beaucoup changé depuis la saison dernière. La majorité des joueurs se connaissent donc là-dessus il n’y a aucun problème. Ce match du Mans nous a fait plus de bien qu’autre chose et nous a montré qu’on avait le niveau et qu’on pouvait faire quelque chose de pas trop mal dans ce championnat. Il nous a fait du bien dans les têtes. On partait un peu dans l’inconnu avec les matchs amicaux et on s’est rendu compte qu’on était quand même présent, qu’il y avait la possibilité de faire quelque chose. Avec la chaleur, ce n’était pas évident, on n’a pas fait une grosse rencontre, on n’a pas pu mettre beaucoup de rythme. Mais on va avancer avec les matchs, avec les résultats et si on pouvait gagner dimanche, on engrangerait encore plus de confiance. Il va falloir continuer à travailler comme on le fait depuis le début et je pense que ça va porter ses fruits rapidement.

Marie Ange Kostoff

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