Richard Trivino – "Victoire impérative"
Carotti, Hérault maudit
Créteil à l’heure normande
Un calendrier fatal pour Créteil ?
Un milieu en pire
Créteil se complique la tâche
Après une entame très difficile, vous êtes maintenant sortis de la zone rouge. L’arrivée d’Artur Jorge a-t-elle été à l’origine de la prise de conscience du groupe ?
Richard Trivino - C’est un tout. Le gros changement est intervenu quand Olivier Frapolli a pris le groupe en main et a fait l’intérim. Il a su nous redonner de la confiance et les premiers résultats ont été sous sa direction. Après Artur Jorge est arrivé dans la tribune donc ça a peut-être boosté quelques joueurs qui se sont donnés à 200%. Mais on est resté sur l’état d’esprit que nous avait donné Olivier Frapolli et Artur Jorge a profité de cet élan de confiance. Il supervise un peu plus les entraînements qu’il ne les dirige donc on fait un peu moins de jeu long et on travaille plus les duels pour se mettre dans la réalité du match.
D’où est venu le déclic ?
C’est difficile quand vous n’arrivez pas à gagner un match, que vous n’avez pas du tout d’occasions, que vous subissez toute la rencontre, la confiance n’y est plus…. Le déclic c’est peut-être la victoire à Libourne. On savait que si on perdait là-bas, on n’était pas condamné du point de vue mathématique mais au niveau mental c’était difficile. On enchaîne sur un nul encourageant face à Reims et surtout on va gagner à Bastia. On n’arrivait pas à gagner à l’extérieur et ce sont justement ça qui nous a permis de recoller au classement en deux matchs ! Et puis il y a eu cette réunion d’Olivier Frapolli qui nous avait un peu tous bougés et nous avait fait voir ce qu’allait être le championnat national l’an prochain. Ca a fait prendre conscience à certains joueurs, qui pensaient qu’on allait y arriver quoiqu’il arrive, qu’on était loin du but.
On sent de la solidarité et de la cohésion dans le groupe, est-ce que ça n’a pas directement influé sur la qualité du jeu ?
On s’est rendu compte qu’en étant tous ensemble sur le terrain, on avait de la qualité et qu’on pouvait battre beaucoup d’équipes à l’image de Metz ou Caen. Et surtout que notre force c’était le collectif. À Niort on a eu plus de mal mais physiquement on a peiné avec ce match de lundi (ndrl : face à Montpellier) qui a été dur et après lequel on a dû enchaîner quatre jours plus tard.
L’engouement du public qui monte progressivement n’a-t-il pas également pesé dans le redressement du club ?
Oui. Quand je vois tous les problèmes qu’on avait en début de saison avec les banderoles qu’il y a eu c’est vraiment plaisant. Les supporters ont compris qu’il fallait passer outre le fait qu’ils ne soient pas d’accord avec telle ou telle personne, pour ne pas en faire pâtir les joueurs. Aujourd’hui ils nous poussent et nous aident. Dans les moments difficiles, c’est agréable de sentir tout le monde vous soutenir. Si on se sort de là, ça sera grâce à eux et pour eux.
Que manque-t-il pour assurer le maintien ?
On se dit que même avec 44 points, les choses peuvent mal se passer à cause du goal average. Il nous faut donc gagner et après on fera les comptes mais on est loin d’être sauvé. L’objectif, c’est de battre Amiens en espérant que Brest perde à Tours et de faire quelque chose à Guingamp. L’idéal serait de prendre six points sur les deux derniers matchs et après on n’en parle plus.
Les supporters d’Amiens risquent d’être nombreux ce soir, vous ne craignez pas une ambiance particulière à Duvauchelle ?
Au contraire, ils peuvent venir à 5 000 ça ne nous dérangera pas ! Ils jouent la montée mais nous on joue la survie du club et c’est quelque chose d’extraordinaire. Ce que eux pensent n’a aucune importance. Notre objectif c’est le maintien et ils peuvent venir par bus entiers, ça n’en sera que plus beau. Il faudra les battre… On ne veut pas les empêcher de monter mais si on peut gagner, on leur souhaite de réaliser leur rêve au match suivant.
Votre récente série de bons matchs semble avoir lancé une véritable dynamique ?
Oui, et on a bien fait de la faire cette série. La preuve c’est que malgré ces huit matchs sans défaite, on n’a que deux points d’avance sur le premier relégable. Mais le match de Niort a laissé beaucoup de séquelles, c’est une défaite qui fait mal et qui peut être lourde de conséquences. Le nul nous aurait arrangé mais le principal c’est que nous ayons encore notre destin entre les mains. Même si la victoire face à Amiens reste impérative.
Vous pensez que si Créteil se maintient, il sera sur de bons rails pour la saison prochaine ?
C’est difficile à dire. L’année où je suis arrivé, je venais pour jouer la montée, on a failli descendre. La deuxième on voulait assurer, on a failli monter. C’est impossible de dire de quoi sera fait l’avenir. J’espère déjà qu’il sera en Ligue 2. Après tout dépend du nombre de départs, du recrutement,… Beaucoup de joueurs sont encore sous contrat mais tout dépend de ceux que le coach veut garder ou ne pas garder. Pour l’instant on sait qu’il y a des points à prendre mais pour le futur on ne sait pas.
Vous en ferez partie de ce futur ?
Il me reste deux ans de contrat mais mon objectif ça a toujours été la Ligue 1… Les postes de doublures que j’ai refusés il y a quelques années, je les regarderai aujourd’hui de plus près. Je vais avoir trente ans et les offres je ne les refuserais peut-être plus. Maintenant, si on est en Ligue 2, je me vois mal partir dans un autre club. Disons qu’il y a 99% de chances que je reste ici. Mais le président sait, tout le monde sait que je ne dirais pas non à un club de Ligue 1. Pour l’instant je n’ai pas vu le président, on n’est pas sauvé et ça c’est une chose qui me tient à cœur parce que les gens autour du club le méritent. On ne peut pas se permettre de descendre, ce n’est pas possible.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |