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Déclarations fracassantes, menaces de mort, pressions et sifflets, tels sont les soubresaut qui agitent actuelement la relation presque éternelle entre San Siro et le Milan AC, depuis plusieurs semaines déjà. Des rapports qui ont atteint leurs paroxysmes avec la découverte de lourdes menaces prononcées à l’encontre du vice président du Milan AC, Adriano Galliani. Ce dernier aurait reçu depuis le mois de mai dernier, avant la finale de la Ligue des champions à Athènes face à Liverpool, des avertissements intentant à sa sécurité personnelle. Si bien que le ministre de l’Intérieur italien, Giuliano Amato, a assigné une escorte permanente au dirigeant rossonero afin d’assurer sa sécurité. La Gazzetta Dello Sport attribue ces intimidations aux supporters de la Curva Sud, principal virage de San Siro, en les qualifiant d’individus "peu fréquentables et avec qui il ne faut pas plaisanter".
Les répercussions du drame de Catane
Afin de comprendre le malaise qui s’est emparé de San Siro, et a amené à ce comportement radical, il faut retourner plusieurs mois en arrière. Déjà à la fin de la saison dernière, depuis le derby retour contre le rival, l’Inter Milan, les supporters du Milan AC ne supportent plus leur équipe. Depuis San Siro reste muet lors de toutes les rencontres, si ce n’est pour siffler quelques joueurs ciblés comme Nelson Dida ou Alberto Gilardino. Les chants ne sont revenus que samedi dernier. La raison de ce mutisme est le décret Amato*, instauré après la tragédie de Catane qui avait vu la mort d’un policier, Filippo Raciti, lors d’affrontements avec des supporters de la formation sicilienne. Ce décret a renforcé la sécurité dans les stades, et a, notamment, rendu nominatif, et obligatoire la présentation d’une carte d’identité pour l’aquisition d’un billet. De plus, les responsables de la tribune accusent les dirigeants milanais de refuser de leur fournir de nombreux billets lors de certains matchs, ce qui les obligerait à négocier parfois avec d’autres supporters pour l’obtention du sésame.
Qui d’autre que l’emblématique capitaine et numéro 3 du Milan AC pouvait crever l’abcès entre le club et ses supporters. Ainsi dans une interview accordée à la Gazzetta Dello Sport la semaine dernière, le défenseur milanais n’a pas mâché ses mots. "Tous comme mes coéquipiers, je suis très en colère. Après tout ce que nous avons donné, fait et gagné, nous méritons un autre traitement. Avec l’aide de notre virage, il y a des rencontres que nous n’aurions pas perdu", s’est-il ainsi exclamé. En poursuivant : "Désormais, nous jouons à l’extérieur ou sur terrain neutre, plus jamais à domicile. Cela ne me semble pas normal et l’équipe en a assez. San Siro a toujours été magique, aujourd’hui nous sommes en train de perdre cette magie" a regretté le recordman du nombre de capes en sélection italienne. Il a, par ailleurs, jugé déplacé les sifflets destinés à certains de ses coéquipiers, et a, finalement, conclu en lâchant :"Je crois que quand on chante "Nous avons Milan dans le coeur" (principal chant milanais), ensuite, il faut le montrer."
Une entente, à priori, retrouvée
Cet éclaircissement a fait du bien aux deux parties, et s’avérait indispensable. La réaction des supporters ne s’est pas fait attendre, et dans un communiqué officiel, le principal groupe de la Curva Sud, les "Brigate Rossonere", a fait savoir qu’il recommencerait à chanter dès le prochain match, soit samedi dernier contre Parme (1-1). Les supporters précisent, également, qu’ils veulent pouvoir "ramener dans la Curva Sud les drapeaux, les tambours et les mégaphones. Sans quoi le silence régnera de nouveau à San Siro". Enfin, ils affirment que le mécontentement n’était nullement dirigé envers l’équipe mais uniquement pour les raisons administratives prises à leur égard par les forces de police depuis quelques mois. Le Milan AC qui s’est incliné cette semaine contre Palerme (2-1), a, plus que jamais besoin, de ses 41 771 abonnés, et de la ferveur de San Siro. L’ambiance y est tellement grandiose et renversante qu’il serait autodestructeur pour le club et les supporters que l’enceinte du champion d’Europe en titre ne résonne plus… Mais la situation semble s’arranger, afin que San Siro redevienne le paradis des Rossoneri, et l’enfer de leurs adversaires.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |