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Pour construire une équipe compétitive, José Maria Del Nido s’est appuyé sur une politique de recrutement très judicieuse. Grâce à un réseau important d’observateurs en Amérique du Sud, le FC Séville a découvert des joueurs de talent comme les Brésiliens Renato, Daniel Alves ou encore Julio Baptista (aujourd’hui au Real Madrid). Le club peut aussi compter sur un centre de formation extrêmement riche et n’hésite pas à lancer chaque année des joueurs très jeunes. Une politique payante puisque deux des meilleurs internationaux espagnols viennent du centre de formation andalou. José Antonio Reyes, qui a débuté au club à seize ans a été vendu à Arsenal 17,5 millions en 2004. Sergio Ramos, lancé à 17 ans, est lui le défenseur le plus cher du monde puisqu’il a couté 27 millions d’euros au Real Madrid en 2005.
Aujourd’hui les espoirs du club s’appellent Alejandro Alfaro (19 ans), Jesus Navas (21 ans), ou encore Diego Capel (19 ans). Ce dernier est d’ailleurs désigné comme le successeur de Reyes. En plus d’avoir aidé à stabiliser le F.C. Séville dans l’élite, ces joueurs ont permis au club d’améliorer sa situation financière. Si Del Nido a récolté beaucoup d’argent ces dernières saisons, la politique de recrutement n’a pas changé.
Alors que la saison n’a pas commencé, le FC Séville impressionne déjà. Vainqueur 5-3 la semaine dernière à Santiago Bernabeu, les hommes de Juande Ramos ont humilié chez lui le champion en titre. Un signe fort envoyé à tous les concurrents. Cinquième en 2006 et troisième l’an passé, le FC Séville jouera cette année le titre. Après avoir remporté deux coupes de l’UEFA consécutives, le club andalou doit confirmer son statut de nouveau grand club européen.
D’autant qu’il devrait retrouver la Ligue des champions cette saison, cinquante ans après sa dernière participation. Lors du match aller du troisième tour préliminaire, Séville s’est imposé 2-0 à domicile contre l’AEK Athènes. Une avance confortable avant de se rendre en Grèce le 28 août prochain. Si le club connaît une grande réussite ces dernières années, ce ne fut pas toujours le cas. Le FC Séville a su remonter la pente après quelques saisons difficiles, grâce notamment à la gestion du président José Maria Del Nido.
Un club qui revient de loin
Dans les années 90, la gestion du FC Séville est catastrophique. Le club se ruine en recrutant des grands noms comme Diego Maradona, Ivàn Zamorano ou encore Davor Suker mais les résultats ne suivent pas. Le club stagne au milieu du tableau jusqu’à la descente en seconde division en 1997. En plus des mauvais résultats sportifs, le FC Séville cumule les dettes. En 2000, Roberto Alés Garcia devient le nouveau président et promet de redresser la situation économique et sportive du club. Une promesse qu’il va tenir car les Andalous remontent dans l’élite l’année suivante.
Après avoir remis le club sur de bons rails, Garcia cède sa place en 2002 au vice-président de l’époque, José Maria Del Nido. Celui-ci va donner une nouvelle dimension au club. Dans la lignée de son prédécesseur, il va faire le faire progresser jusqu’à la consécration en 2006 avec la première victoire en Coupe de l’UEFA. Depuis le FC Séville a remporté quatre titres (Supercoupe d’Europe, Coupe de l’UEFA, Coupe d’Espagne et Supercoupe d’Espagne). Dés résultats exceptionnels rendus possible grâce à l’excellent recrutement du club ces dernières saisons.
Un recrutement judicieux
Contrairement au Real Madrid qui dépense des dizaines de millions d’euros à chaque intersaison, le FC Séville ne réalise pas de transferts coûteux. Le club peaufine son effectif doucement en pariant sur des joueurs en devenir et non sur des stars. Fréderic Kanoute en est l’exemple. L’ancien Lyonnais a explosé en Andalousie même s’il a tardé à confirmer son énorme potentiel. Ses 25 buts marqués la saison passée ont fait de lui un des meilleurs attaquants de la Liga. Cette année, l’entraîneur Juande Ramos, pourra compter sur un effectif quasiment inchangé. Aucun joueur cadre n’a été transféré et le technicien espagnol pourra compter sur ses nouvelles recrues.
En défense, Khalid Boulahrouz, prêté par Chelsea, est venu renforcer l’effectif. Au milieu de terrain, le Malien Seydou Keita sera sans doute un élément précieux dans l’équipe andalouse. L’ancien capitaine lensois, qui sort d’une saison exceptionnelle en France, a le potentiel pour s’imposer en Liga. De plus, le FC Séville continue de miser sur la jeunesse puisque le club a déboursé plus de cinq millions d’euros pour s’attacher les services de l’attaquant de l’Ajax d’Amsterdam, Tom de Mul (21 ans), un des grands espoirs du football belge.
Des problèmes internes
Si le club a vécu une intersaison très calme, la fin du mercato pourrait être très tendue. Le transfert avorté de Daniel Alves à Chelsea a créé beaucoup de tensions. Après plusieurs semaines de transactions, les Blues ont abandonné la piste du défenseur brésilien. Le président Del Nido n’a pas rendu les négociations faciles en réclamant 42 millions d’euros. En plus de cette affaire, Juande Ramos doit gérer les déclarations houleuses de l’attaquant Javier Chevanton à son égard. Agacé de ne pas jouer, l’Uruguayen a déclaré que son coach n’avait "pas les couilles de lui dire en face" qu’il ne comptait plus sur lui. Ramos n’a pas arrangé la situation en conférence de presse. "Si je lui disais en face ce que je pense de lui, ça lui ferait beaucoup de mal".
Le club devra vite mettre fin à ces problèmes internes, car les prochains matchs seront déterminants. Ce week-end le FC Séville débutera son championnat à domicile contre Getafe avant d’aller tenter de gagner son ticket pour la Ligue des champions, mardi prochain à Athènes contre l’AEK. Le club andalou devra ensuite conserver son titre en finale de la Supercoupe de l’UEFA. Le FC Séville y affrontera le Milan AC, le 31 août.
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