vendredi 16 mai 2008




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Sports auto - Formule 1
Difficultés financières
Super Aguri au bord du précipice
La Page des Sports - Le 26 février 2008

Les semaines se suivent et se ressemblent pour l’écurie nippone qui n’a effectué que trois jours d’essais cet hiver. Les caisses ne sont toujours pas assez remplies pour assurer l’avenir de Super Aguri, qui ne sait pas si elle pourra rouler sur la piste australienne dans trois semaines, ni si elle dispose d’un avenir en Formule 1.


Depuis des mois, Super Aguri et son président, Aguri Suzuki se battent pour survivre. Les semaines et les mois passent, mais la situation ne trouve toujours pas d’issues favorables. En cause, le départ d’un des principaux sponsors de l’écurie, SS United, parti sans payer la note au milieu de la saison dernière, laissant ainsi la formation nippone dans une situation particulièrement délicate financièrement. Les contacts se sont multipliés, certains se montrant très intéressés par une prise de participation majoritaire au sein de l’écurie. Mais Honda, maison mère de la petite équipe, s’y est opposée, sans être pour autant plus décidée à soutenir sa "filiale". Elle est ainsi beaucoup moins disposée à investir à fond perdu dans une entreprise déficitaire aujourd’hui. La firme japonaise a bien proposé d’injecter de l’argent frais dans le budget de la neuvième meilleure écurie de 2007, afin de permettre à ses monoplaces de disputer le championnat 2008. Mais pas sans une contre-partie de taille et une réduction conséquente du budget.

Mission impossible ?

Le président de l’écurie nippone a pour le moment refusé cette proposition, jugeant impossible de concourir pour le championnat du monde avec des moyens humains et logistiques réduits à la portion congrue. Disposant déjà d’un des plus petits budgets du paddock la saison dernière, à peine devant Spyker, Super Aguri a eu du mal à glaner quatre petits points, qui lui ont permis de ne pas terminer dernière au classement des constructeurs. Avec un budget encore plus limité, la compétition deviendrait plus difficile à suivre. D’autant plus que, malgré la volonté et l’espérance de certains, comme Takuma Sato, le retard pris cet hiver, ne risque pas de permettre à la firme japonaise de quitter régulièrement la dernière ligne de la grille de départ.

"Évidemment, ce fut dur pour nous. Mais nous avons surmonté de nombreuses difficultés ces dernières années, et je pense que cette équipe peut compenser le retard que nous avons accumulé durant ces quelques mois", se convainc toutefois Takuma Sato. À trois semaines à peine du premier Grand Prix, rien n’est véritablement prêt chez Super Aguri. Les pilotes ne sont pas certains d’être présents, seuls trois jours d’essais ont été effectués durant tout l’hiver et ni les performances, ni la fiabilité des monoplaces 2008, qui n’ont pas non plus pu connaître d’évolutions véritables depuis la saison dernière, n’ont été mises à l’épreuve.

Une compétition réduite à néant

La question même de la place de Super Aguri au sein du paddock est donc de plus en plus au centre des débats. Malgré toute la bonne volonté dégagée par ses dirigeants et son personnel, la structure est trop petite et trop fragile pour lutter avec les mastodontes de la discipline. Avec un budget trois fois moindre que les Ferrari, McLaren et autre Toyota, elle n’a que peu de chances de survie seule. Or Honda est obnubilée par son propre destin, peu glorieux la saison dernière, et ne se précipite pas pour sauver l’écurie qui lui sert de laboratoire d’essais depuis deux ans. Malgré les restrictions budgétaires et la baisse du coût général de la discipline souhaitées par la FIA, notamment par le gel du développement des moteurs, ou l’obligation de n’utiliser qu’un bloc et une boîte de vitesse pour plusieurs Grands Prix, les coûts ont explosés et peuvent être difficilement assumés par les petites écuries.

D’autres mesures sont d’ores et déjà annoncées pour réduire l’écart et permettre ainsi aux formations les plus modestes de rivaliser avec les plus performantes, comme le plafonnement des budget à 100 millions de dollars. Mais en attendant, l’écart se creuse et l’intérêt sportif devient de plus en plus ténu. Cette saison, la Formule 1 risque ainsi de se retrouver avec deux voitures en moins. Au vu des performances comptables de Super Aguri la saison dernière, ce n’est pas une écurie de premier plan qui risque de disparaître. Mais le symbole serait fort de voir qu’une nouvelle fois, la Formule 1 est restée une discipline inaccessible pour les formations qui ne disposent pas d’un budget quasiment illimité.

Marie Ange Kostoff

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