mercredi 17 mars 2010




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Analyse
Toulouse la tête dans le seau
La Page des Sports - Le 6 décembre 2007

Le Toulouse FC vit actuellement une période noire. Éliminé de la coupe de l’UEFA, 17e en championnat et accablé par les blessures, le club de la Ville Rose a décidemment bien du mal à s’en sortir après une brillante saison 2006/2007.


"On traverse une période difficile". Ces quelques mots, signés Dominique Arribagé, capitaine et défenseur emblématique (37 ans) des Violets, servent bien à résumer ce que vit le TFC depuis deux mois maintenant. Une dégringolade, une chute, une période noire, bref, les expressions ne manquent pas. Toulouse n’est plus que l’ombre de ce qu’il était la saison dernière, c’est à dire une équipe capable de terminer sur le podium de la Ligue 1. Une position qui est pourtant loin d’être celle des hommes d’Élie Baup cette saison, que ce soit en coupe de l’UEFA – le TFC a perdu tous ses matchs dans la phase de poule et en est désormais éliminé – ou en championnat. Actuels 17e de Ligue 1, les Toulousains ne comptent que deux points d’avance sur le premier relégable, le Paris Saint-Germain.

Surprise

L’an dernier à la même période, le TFC était déjà neuvième et se gardait bien de révéler ses ambitions futures. Aujourd’hui, l’objectif des Violets est simple : s’éloigner de la zone rouge. Comme les temps changent vite… Cela fait maintenant presque deux mois et la victoire en terre sochalienne (1-0, dixième journée) que Toulouse n’a plus gagné, toutes compétitions confondues. Depuis cette date, les coéquipiers de Johan Elmander ont enchaîné six défaites et cinq nuls, dont un face à Caen en coupe de la Ligue, soldé par une défaite aux tirs aux buts. Fermez le ban. Mais comment expliquer un tel passage à vide ?

Chaque saison de Ligue 1 connaît une surprise, une formation jouant souvent en surrégime. Ce fut le cas de Bordeaux en 2005/2006, et l’avenir pourrait révéler que le cas de Nancy actuellement. L’an dernier, Toulouse a vécu cette même situation et ne parvient pas aujourd’hui à maintenir un rythme de croisière convenable. Pour connaître meilleure saison, il aurait fallu réussir un bon recrutement, ce que le TFC n’est pas parvenu à faire. Mis à part Cetto, arrivé un peu à la surprise générale, les autres recrues estivales n’ont pas encore convaincu (Gignac, Jönsson) ou n’ont fait que remplacer numériquement un départ (Ilunga pour Aubey). L’effectif toulousain, parfait quantitativement la saison dernière pour ne gérer que le championnat, ne s’est pas étoffé à l’intersaison et n’a pu, avec le tour préliminaire de la Ligue des champions puis la Coupe de l’UEFA, suffire à Élie Baup pour bien gérer ses troupes. Avec un calendrier démentiel (Toulouse est, avec 24 matchs disputés, l’équipe française qui a le plus joué depuis le début de la saison) et un effectif juste, la facture se paie au prix fort.

Un TFC trop dépendant d’Elmander

D’ailleurs, à force de tirer sur la corde, celle-ci finit par casser. Les blessures se sont multipliées ces dernières semaines, au point que Baup n’a pu coucher que quatre défenseurs sur sa feuille de match pour le déplacement à Bordeaux dimanche dernier (3-4). Mis à part Nicolas Douchez, Achille Émana et Nicolas Dieuze, tous les titulaires de la saison dernières ont connu des pépins physiques à un moment ou à un autre, poussant l’entraîneur à la casquette à composer différemment à chaque fois. Et puis plus récemment, ce fut au tour de Pierre-André Gignac, qui se fera opérer de la main jeudi. Blessures physiques donc, mais aussi morales, après la déroute subie à Liverpool au tour préliminaire retour de la Ligue des champions (0-4). Les Toulousains n’ont pas su se relever et faire abstraction d’une défaite qui, il est vrai, les a brusquement fait revenir à la dure réalité de la Ligue 1.

Et puis il y a cette Elmander-dépendance. Quand le Suédois ne va pas, c’est toute l’équipe qui semble lâcher prise. Lors des deux derniers matchs des Toulousains, Johan Elmander a marqué à quatre reprises (triplé à Bordeaux et un but contre Nancy mercredi), et a tiré son équipe vers le haut grâce à sa puissance et à son opportunisme. Mais à chaque fois, les faits de jeu – erreurs d’arbitrage ou but encaissé dans les derniers instants – se sont révélés défavorables aux hommes d’Élie Baup. Quand leur Viking préféré n’est pas là, ce qui s’est produit à quatre reprises cette saison, les Toulousains sont encore moins efficaces que d’habitude : seulement deux points pris en quatre matchs. Décidemment, le TFC a bien du souci à se faire.

Vincent Romain

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