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Depuis plusieurs semaines déjà, une photo géante de plus de 50 mètres de long domine la gare de Waterloo. À l’extérieur, les bars affichent clairement leurs couleurs, leurs vitrines tagées du logo de la Coupe du monde, sans oublier les magasins de sport d’Oxford Circus qui passent en boucle les exploits du XV de la Rose – la lourde défaite contre les Springboks étant mise de côté. C’est sûr, les Anglais n’ont qu’une chose en tête, la demi-finale de ce soir contre la France.
"Je n’ai pas encore regardé un seul match de tout le tournoi, mais ce soir tout le monde regardera la rencontre. Même si on ne connaît rien au rugby, comme c’est mon cas, on est presque obligé de regarder le match", explique Pamela, consultante dans une entreprise tournée vers les nouvelles technologies. Véritable religion pour certains en Angleterre, l’Ovalie devient un phénomène de société majeur les jours de match de l’équipe nationale. "En plus, souvent les matchs ont lieu l’après-midi, alors on n’est pas toujours disponible. Comme là c’est le soir, tout le monde se donne rendez-vous au pub", confie Christopher, étudiant en architecture.
Et les bars de ne pas s’y tromper, leur devantures barrées d’un "France-England Here !". "Ce soir le pub sera plein dès 19h30, personne ne pourra plus bouger. Ça ne va pas être simple de passer les bières aux gens", explique Orlando Trujillo qui travaille comme serveur près d’Oxford Circus. Aujourd’hui plus qu’aucun autre jour, le ballon ovale a, semble-t-il, pris le pas sur le ballon rond. Les unes des journaux ont préféré titrer sur le XV de la Rose plutôt que sur la rencontre opposant l’Angleterre à l’Estonie à Wembley pour le compte des éliminatoires pour l’Euro 2008. "On va passer toute la journée dans ce pub, car ils doivent passer le match contre l’Estonie, puis la demi-finale. Mais le plus important c’est ce soir", assure Tina Zuckermann, bloquée avec une dizaine d’amis dans un petit bar de la zone de Borough dans le centre de Londres.
Côté pronostic, et malgré la ferveur populaire, les Anglais ont été plus optimistes par le passé. "Ces derniers temps, on a connu beaucoup de problèmes face à la France. Ils jouent chez eux et je ne crois pas que Wilkinson pourra nous sauver comme en 2003", confie Andrew Gaiman, consultant dans une compagnie d’assurances, en référence à la demi-finale de la Coupe du monde océanienne qui opposait déjà Français et Anglais. "Le fait de jouer la France ne change rien. On s’en fout. Ce qui compte, c’est conserver notre titre", explique Tony, étudiant en médecine. La communauté française et francophone tentera de donner de la voix, de nombreux rassemblements pour supporter les Bleus étant prévus un peu partout à travers le pays. Reste à savoir qui chantera le plus fort à 23h dans les pubs anglais.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |