Le casse-tête manceau
Le Mans pressé par son besoin de croissance
Lyon se heurte au mur sarthois
La CAN fait mal au Mans
Pari réussi pour Rudi Garcia
Pelé et Cerdan privés du Vélodrome
Les paroles étaient rudes. Trois jours après, elles se sont transformées en un coup d’épée dans l’eau. L’entraîneur du MUC, Rudi Garcia, passablement énervé après le résultat nul obtenu contre Lorient samedi sur la pelouse du Stade Léon-Bollée (0-0) était agacé. Agacé d’avoir l’impression de lutter contre une hiérarchie institutionnalisée. Comme s’il existait un complot contre les petits clubs. "On est privé de la victoire alors qu’on met un but parfaitement valable. Cette semaine, on nous suspend un joueur, Grégory Cerdan, pour le match contre l’Olympique de Marseille. On se sent lésés. On se dit que Le Mans dérange à cette troisième place", expliquait ainsi Rudi Garcia sur les ondes de RMC, avant de poursuivre : "Si c’est le cas, il faut le dire. Si on a envie que les grosses équipes du championnat reviennent, il faut être clair. Si Le Mans, Valenciennes et Nancy dérangent dans les cinq premiers, il faut le dire. C’est une réaction à froid et pas sous le coup du match. Je pense vraiment ce que je dis."
Son cri du cœur a fait du bruit le temps d’une soirée, mais l’onde de choc est aussitôt retombée. Le Mans grandit dans la discrétion et à part dans la Sarthe, peu sont ceux à s’intéresser à la construction d’un club qui voit grand. À l’inverse des équipes à gros budgets comme l’OM, Monaco ou encore le PSG, Le Mans fait mieux que répondre aux attentes. Dixièmes de Ligue 1 à la même époque la saison dernière, les Sarthois occupent aujourd’hui la quatrième place du classement. Sans contestation possible. Hormis deux claques reçues à l’extérieur, à Auxerre et Rennes, le parcours des hommes de Rudi Garcia a tout de celui d’un grand.
Premier naming en France
Et l’évolution du MUC 72 ne se limite pas au rectangle vert. En coulisses, la direction s’agite et agit. À la fin du mois de novembre, le président du club, Henry Legarda, a ainsi annoncé que le futur stade prévu pour 2009 porterait le nom de MMArena. La compagnie d’assurances est ainsi devenue la première entreprise en France à apposer son nom sur une enceinte de football, à l’image de ce qui peut se faire ailleurs en Europe avec l’Emirates Stadium d’Arsenal. Fier de coiffer sur le poteau Lille et Lyon, qui voulaient être les premiers en France à lancer ce nouveau mode de financement, Henry Legarda ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour ironiser le jour de l’annonce : "Je me réjouis de griller la politesse aux grands clubs."
Quand il s’agit de demander aux joueurs ce qu’ils en pensent, ils s’accordent pour soutenir que le club évolue beaucoup. Dans les colonnes de l’Équipe début décembre, le défenseur sarthois, Mathieu Coutadeur, insistait sur ce point. "Il n’y a pas que le stade. Il y a également des nouvelles infrastructures au centre d’entraînement. C’est un petit peu la cerise sur le gâteau pour le club. Désormais, c’est à l’équipe de continuer à faire grandir le club. On veut le faire monter encore plus haut", concédait-il. Même si le départ de Tulio de Melo est annoncé pour la fin de la saison, Le Mans semble bel et bien regarder loin vers l’avenir. Les bonnes performances du club et une qualification en Coupe d’Europe permettront peut-être de retenir les nombreux joueurs qui recevront des sollicitations pour porter d’autres couleurs la saison prochaine. Le Mans est en pleine croissance.
| Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, (...) |