vendredi 16 mai 2008




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Football - Metz
Interview
Yvon Pouliquen – "Je ne sais pas quelle équipe j’aurai l’année prochaine"
La Page des Sports - Le 19 mars 2008

Malgré des débuts difficiles à Metz lors de son arrivée en Lorraine cet hiver, Yvon Pouliquen a réussi à redonner de l’espoir en même temps que du jeu à son équipe. Il ne compte toutefois pas miser sur les joueurs déjà en place lors du prochain exercice en Ligue 2 et se prépare à une intersaison mouvementée.


Vous êtes arrivé à Metz il y a trois mois, vous ne regrettez pas votre choix ?
Je ne regrette jamais rien. Si je suis venu ici, c’est parce que c’est le FC Metz, que ce n’est pas n’importe quel club dans le paysage du football français. Et puis je connaissais bien, pour l’avoir côtoyé quand j’étais joueur, le président Molinari. Enfin, j’avais l’opportunité de travailler avec deux personnes que j’apprécie énormément, Michel Ettorre et Joël Müller.

Avez-vous senti un changement dans la tête des joueurs ?
Oui, oui, tout en sachant que le changement provient également des résultats et que les résultats sont plus probants que lors de la phase aller. Obligatoirement, la confiance s’installe chez les joueurs et permet aux corps d’avancer et de progresser.

Comment expliquez-vous le fait que Metz arrive enfin à produire du jeu ?
Tout simplement parce qu’on y travaille. Tous les jours on est sur le terrain à travailler les relations et la complicité entre les joueurs. C’est véritablement un travail de tous les jours.

Après votre victoire à Strasbourg il y a dix jours, Jean-Marc Furlan déclarait qu’il est très dangereux de jouer Metz en ce moment car c’est une formation qui n’a rien à jouer. C’est ce qui a permis de libérer l’équipe ?
Ce serait insulter mes joueurs de dire qu’ils n’ont plus rien à jouer, ce sont quand même des footballeurs professionnels ! Lorsqu’ils rentrent sur un terrain, c’est pour gagner et jouer du mieux possible. Si on a gagné à Strasbourg, ce n’est pas parce qu’on n’avait plus rien à jouer en championnat, mais parce que lors de ce match-là, on était supérieur aux Strasbourgeois, tout simplement.

Sébastien Renouard et Babacar Gueye assuraient que l’équipe voulait simplement faire du mieux possible, cette pression en moins a-t-elle été l’une des raisons du mieux-être de Metz ?
On était promis à vaincre tous les records de médiocrité en Ligue 1. Les joueurs et le staff ont de la fierté et n’avaient pas envie de figurer dans ce livre des records. Ils ont réussi, aujourd’hui, on a dépassé ces records-là. C’est un objectif pour eux d’obtenir le plus grand nombre de points et surtout de démontrer qu’ils ont véritablement la valeur d’une équipe de L1. Mais les résultats y sont aussi pour beaucoup, parce que sans eux, la confiance disparaît au fil des matchs. Maintenant, il y a beaucoup de paramètres, il faudrait une heure pour les énumérer.

La stabilité du groupe a-t-elle également été l’un de ces paramètres ?
Certainement oui. Parce que c’est impossible de concerner 40 joueurs par des objectifs précis, sachant que certains d’entre eux savent très bien qu’ils n’ont que très peu de chances de jouer ou de figurer dans le groupe. Si on veut se fixer des objectifs et concerner tout le monde, il faut un effectif réduit… du moins plus réduit que quand je suis arrivé.

Physiquement, avez-vous noté des progrès de l’équipe ? Physiquement, je ne fais rien… Non, je ne fais pas rien, mais je travaille différemment parce que j’ai trouvé le groupe dans un état catastrophique, tant physiquement que mentalement. Il y avait beaucoup de blessés et il y en a toujours. Quand je suis arrivé, l’objectif n’était pas de travailler physiquement, mais de travailler avec le ballon et de jouer au football tout simplement. J’ai réagi en fonction de ce que j’ai pu voir, de ce que j’ai pu ressentir, avec le groupe que j’avais à ma disposition.

"Il faut avancer en équipe"

Depuis votre arrivée, vous avez la quasi-certitude d’évoluer en L2 la saison prochaine, comment préparez-vous cela ?
L’objectif est d’obtenir les meilleurs résultats possibles, tout en sachant que l’équipe qui joue aujourd’hui ne ressemblera certainement pas beaucoup à celle qui sera alignée la saison prochaine. C’est toute la difficulté… Aujourd’hui je ne me pose pas la question de savoir quelle équipe je prépare pour l’année prochaine, mais je cherche surtout à finir cette saison du mieux possible en obtenant le plus grand nombre de points.

Quel est le secteur qui, selon vous, a le plus besoin d’être travaillé ?
Tous les secteurs sont toujours à travailler ! On se crée beaucoup d’occasions, mais on ne marque pas, donc on pourrait dire l’efficacité. Mais celle-ci dépend de la qualité des joueurs parfois. Je ne veux pas réduire la qualité des miens, mais certains sont des buteurs et le resteront toute leur carrière, alors que d’autres le sont moins. Il faut donc travailler cette efficacité, mais également sur le plan défensif. Il faut avancer en équipe, ce qu’on s’attache à faire depuis deux mois et demi.

Miserez-vous encore sur la jeunesse du groupe la saison prochaine ?
Aujourd’hui, j’ai 39 joueurs professionnels sous contrat. La saison prochaine, j’en aurais 31, ce qui est déjà beaucoup trop conséquent. Je ne peux absolument pas répondre parce que je ne sais pas du tout quel sera mon effectif la saison prochaine.

Mais quoiqu’il arrive, le système de jeu ne changera pas ?
Le style de jeu restera le même. Ce sera une équipe portée vers l’avant, ça c’est sûr ! À condition d’avoir les joueurs pour le faire, ça c’est sûr.

Justement, prévoyez-vous beaucoup de départs et d’arrivées la saison prochaine ?
Pas mal de joueurs aspirent à rester en Ligue 1 et ont pour objectif de se montrer pendant cette partie de saison. Et on ne peut se montrer qu’en faisant des résultats. Il y aura des problèmes financiers inhérents à la descente. Le club sera donc obligé de vendre… ce qui fait qu’aujourd’hui, je ne peux pas dire quel effectif je vais avoir, avec qui je vais pouvoir travailler et quels seront mêmes mes objectifs.

Visez-vous une remontée immédiate ?
Je voudrais bien ! En tant qu’entraîneur on se doit de viser le plus haut possible. Mais pour l’instant, on peut difficilement fixer des objectifs sans connaître l’équipe.

"La Coupe de France n’est pas un objectif"

Y-a-t-il une préparation différente quand vous devez jouer la coupe de France puis le troisième du championnat en une semaine ?
On a travaillé ces trois derniers jours pour préparer Lorient, on travaillera jeudi pour Nancy. Pour l’instant, on prend les matchs comme ils viennent, un par un. Il n’y a pas de priorité d’un match par rapport à un autre.

Sébastien Renouard disait il y a quelques semaines que votre expérience en Coupe de France aidait beaucoup les joueurs, que pensez-vous leur apporter ?
Je n’en sais rien du tout. Je n’ai pas de discours particulier, que ce soit un match de Coupe de France ou un match de championnat, mon discours ne diffère pas.

La Coupe est-elle devenue l’objectif principal de la saison ?
Je rigole souvent quand un club dit qu’il se fixe comme objectif la Coupe de France ou la Coupe de la Ligue, parce que je ne vois pas comment on peut se fixer cela comme objectif tellement il y a de paramètres et de choses aléatoires. C’est un huitième de finale à jouer avec l’ambition de gagner, après on avisera. Si on joue Lyon au prochain tour, peut-être que ces ambitions là seront plus difficiles à tenir… Il y a tellement de paramètres qui entrent en jeu qu’on ne peut pas prévoir et qu’on ne peut pas fixer la Coupe comme objectif.

Quel sentiment vous procure le fait de rencontrer votre ancien club Lorient pour les huitièmes de finale ?
Ça reste un match à gagner ! Le seul inconvénient, c’est qu’on joue à l’extérieur, et c’est dommage parce qu’on aurait aimé offrir ce type de match à nos supporters, à Metz. Mais c’est comme ça.

Justement, les rapports avec le public sont-ils plus faciles depuis le redressement du FC Metz ?
Quand on gagne, qu’on fait plus de jeu et qu’on obtient des résultats, les supporters le vivent, un petit peu comme les joueurs, bien mieux. Progressivement ça va mieux, mais on ne se remet pas aussi facilement d’une première moitié de saison si désastreuse. Il faudra du temps au temps.

Pour aller plus loin
- Babacar Gueye - "Le travail commence à porter ses fruits"
- Sébastien Renouard – "Redonner de l’espoir au FC Metz"
- Metz relève doucement la tête

Marie Ange Kostoff

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